Au Nigeria, Benin City retrouve ses trésors spoliés et se rêve en capitale culturelle d’Afrique de l’Ouest


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Le mur d’enceinte ocre borde une rue poussiéreuse et anonyme, au cœur d’un quartier populaire de Benin City, la capitale de l’Etat d’Edo, dans le sud-est du Nigeria. Seul un œil pourrait deviner qu’un chef traditionnel de haut rang vit ici. « C’est ce qu’indiquent les trois bandes blanches qui ornent le mur de ma maison. Mais peu de gens savent encore déchiffrer ce symbole ! », sourit le chef Osayomwanbo Osemwegie Ero. L’homme de 90 ans a revêtu l’habit immaculé réservé aux dignitaires du palais royal et porte autour du cou un long collier de perles de corail.

Le vieil érudit est intarissable sur l’histoire de l’ancien royaume du Bénin – sans lien historique avec la République du Bénin – et de sa capitale Edo, devenue Benin City. Chief Osayomwanbo Osemwegie Ero a notamment assisté en 1979 au couronnement de l’Oba Erediauwa, le père du monarque actuel. « Aujourd’hui encore, notre Oba attribue des titres, rend la justice ou envoie des messages à la population… Nous l’adorons, le prions et le servons », lance-t-il fièrement.

Une sculpture installée devant un bâtiment du Parlement juste à l'extérieur du Musée national de Benin City (Nigéria), le 26 septembre 2022.

Décrite comme une cité prospère et puissante par les Européens qui s’y rendent à partir de la toute fin du XVe siècle, la ville d’Edo se distinguait autrefois par un réseau de fortifications très étendu. A l’abri de ces murailles, des artistes réputés travaillaient le métal, notamment le bronze et le laiton, mais aussi le bois ou l’ivoire. « Plus de soixante guildes étaient définies dans la ville, chacune avec sa spécialité », affirme le chef Ero. Tout en conservant longtemps une indépendance complète, les rois du Bénin nouent avec les Portugais, les Hollandais, puis les Britanniques, des liens commerciaux qui s’appuient notamment sur le commerce des esclaves.

Massacre et mise à sac

Mais les relations avec les Britanniques finissent par se ternir et, en 1897, des officiers qui insistaient pour connaître le souverain pendant un festival sacré sont éconduits, puis tués. Le 18 février de la même année, la ville d’Edo est prise d’assaut et mise à sac par un contingent de plus de 1 500 hommes lourdement armés. L’expédition se solde par un massacre, suivi du pillage des trésors du palais royal. Ceux-ci sont éparpillés à travers le monde occidental, certains vendus à des collectionneurs, d’autres cédés à de prestigieux musées.

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