Banderole contre la ligne 18 déployée sur une grue : les deux activistes relaxés


Ils encouraient jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le parquet avait requis deux mois de prison avec sursis. Happy (ou Api, un pseudonyme) et Léo, respectivement 36 et 28 ans, ont finalement été relaxés, ce mercredi matin, par le tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes (Essonne). Ces deux militants d’Extinction Rebellion et membres du collectif contre la ligne 18 (CCL18) ont été poursuivis pour avoir déployé en octobre 2021 une banderole contre la ligne 18 du futur métro du Grand Paris express depuis une grue à Gif-sur-Yvette déployée sur un chantier du plateau de Saclay. Jugée le 13 janvier dernier après un renvoi du 8 avril 2022, l’affaire avait été mise en délibéré.

Gif-sur-Yvette, le 15 octobre 2021. Après une action d'Extinction Rébellion, des activistes étaient montées sur une grue pour accrocher une banderole «SOS STOP L18».
Gif-sur-Yvette, le 15 octobre 2021. Après une action d’Extinction Rébellion, des activistes étaient montées sur une grue pour accrocher une banderole «SOS STOP L18». RD/CCL18

« Je suis plutôt rassuré, cela montre qu’il y a encore des garde-fous qui fonctionnent, confie Happy, qui n’était pas présent à l’énoncé du verdict mais contacté au téléphone. De la prison avec sursis pour une banderole, c’était complètement improbable et cela aurait envoyé un très mauvais signal face à l’urgence climatique et pour tous ceux qui luttent contre la bétonisation des terres fertiles. »

Maître Basile Oudet, l’avocat de la défense, avait plaidé la relaxe et demandé une exception de nullité du procès. Des arguments rejetés par le tribunal, qui estiment que les prévenus ont accepté de comparaître compétents pour des faits précisés par l’infraction retenue : « opposition par voie de fait à l’exécution de travaux publics ou d’utilité publique commis le 15 octobre 2021 à Gif sur Yvette. »

« Encore plus de raison de se battre »

Le tribunal a en revanche révélé que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés, et surtout, qu’ils ne se sont pas déroulés sur un chantier public, puisqu’il s’agissait de travaux menés pour la construction du centre culturel et cultuel de l’Église catholique.

« Il y avait la possibilité de requalifier l’infraction, mais on a senti une volonté de l’exécutif de poursuivre dans cette voie, pour envoyer le message : si le gouvernement décide, tout le monde doit obéir, estimer Happy. Si je trouve le jugement raisonnable, on ne peut constater qu’il y a une volonté d’intimidation. Le gouvernement criminalise l’action des activistes. »

Il espère que cette décision de justice « donnera encore plus de raison de se battre ». « Nous ne sommes pas les seuls à nous opposer au projet de la ligne 18 (NDLR : qui doit relier l’aéroport d’Orly jusqu’à Versailles chantiers en passant par Massy et le plateau de Saclay), complète-t-il. La Cour des comptes a émis de grosses réserves et critiques, Île-de-France Mobilités également, de nombreux citoyens et associations ont fait savoir leur opposition à ce projet, qui est envers et contre tout, niant toute démocratie. Si les institutions dérapent, il faut y aller, la justice est de notre côté, c’est maintenant qu’il faut se réveiller. »



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Ils encouraient jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le parquet avait requis deux mois de prison avec sursis. Happy (ou Api, un pseudonyme) et Léo, respectivement 36 et 28 ans, ont finalement été relaxés, ce mercredi matin, par le tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes (Essonne). Ces deux militants d’Extinction Rebellion et membres du collectif …

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