Dépeints en hooligans devant le tribunal, quatre Parisiens relativisent l’agression d’un ultra rennais


Têtes basses, visages fermés. Ils sont trois à se serrer autour de la barre du tribunal correctionnel de Rennes, ce mercredi 30 novembre. Un quatrième prévenu, Sébastien S., est absent pour cause de Covid-19. Ces Parisiens de 28 à 40 ans, au physique de videur de boîte de nuit, comparaissent pour « vol avec violence » à l’encontre d’un membre du groupe de supporteurs ultras du Roazhon Celtic Kop (RCK), principale association d’aficionados du Stade rennais. Les quatre mis en cause ne bronchent pas lorsque la présidente du tribunal détaille l’affaire, dont le récit ressemble à celui d’un guet-apens méticuleusement préparé.

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Tout commence le mercredi 22 septembre 2021. Ce soir-là, le Stade rennais étrille l’équipe de Clermont (6-0). Dans les travées du Roazhon Park, ça chante fort sous l’impulsion du kop, animé par des milliers de sympathisants du RCK. Après la victoire, les ultras rennais se retrouvent dans leur local, situés sur un parking au pied du stade. A 1 h 20, Kevin D. regagne sa BMW. Ce trentenaire y charge trois sacs de sport contenant du matériel du RCK : des banderoles, des drapeaux et surtout la bâche domicile, considéré comme le totem d’un groupe ultra selon les codes du monde des tribunes.

Kevin D. roule une vingtaine de minutes jusque chez ses parents, à Breteil, dans la campagne rennaise. L’ultra gare son véhicule dans l’impasse du hameau, puis sorte de l’habitacle. A cet instant, il dit recevoir un coup de matraque télescopique avant d’être aspergé de gaz lacrymogène par deux hommes décrit comme « encagoulés et gantés ». Les assaillants ont patienté plus de quatre heures devant le domicile de Kevin D. pour le surprendre. La victime prend la fuite et appelle la gendarmerie. Accompagné d’un voisin, il revient finalement sur ses pas, redoutant que les agresseurs aient été molestés dans sa famille, mais ils sont partis après avoir dérobé les sacs de sport entreposés dans le coffre de la voiture. Les caméras de vidéosurveillance du voisin ont surpris des véhicules immatriculés en région parisienne qui seront ensuite aperçus aux péages de La Gravelle (Mayenne) puis de Saint-Arnoult (Yvelines).

« Tout a été organisé »

Au volant de l’une des voitures, Myrtho D. Ce conducteur de VTC de 28 ans assume : « Je reconnais le vol, mais sans violence et sans préméditation. Il faisait sombre. Il [la victime] un paniqué en nous voyant. J’ai pris les sacs et je suis parti. Il s’agit d’une blague qui a mal tourné et dont je ne mesure pas l’ampleur. » Des quatre prévenus, Myrtho D. est le seul à présenter un casier judiciaire vierge. L’un d’eux a déjà été condamné par une cour d’assises pour « enlèvement et séquestration ».

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Dépeints en hooligans devant le tribunal, quatre Parisiens relativisent l’agression d’un ultra rennais

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