« On ne se baigne pas dans la Loire », « Une archive », « Crépuscule », « La Demeure du vent »… Nos idées de lecture


LA LISTE DE LA MATINALE

« La Demeure du vent » (Maqâm al-rîh), de Samar Yazbek, traduit de l'arabe (Syrie) par Khaled Osman et Ola Mehanna.

Cette semaine, Guillaume Nail signe un magnifique premier roman avec On ne se baigne pas dans la LoireSamar Yazbek ausculte l’effondrement d’une Syrie en pleine guerre civile, Philippe Claudel dresse le tableau effrayant d’un monde vil dans Crépuscule et Mathieu Lindon s’ouvre sur sa relation avec son père dans Une archive. Côté essais, Jennifer Talmas nous enjoint de « libérer nos classiques du regard masculin » dans Au “non” des femmes.

ROMAN : « On ne se baigne pas dans la Loire », de Guillaume Nail

Le drame, c’est sûr, va arriver. Tout l’annonce. Plus les pages défilent, pourtant, moins le lecteur sait d’où la tragédie va surgir.

Il y a la Loire, bien sûr, ce fleuve dont les courants peuvent se révéler mortels. Un après-midi d’août, pour leur dernier jour de « colo », une dizaine de garçons viennent pique-niquer sur la rive. L’un d’eux lance : « On va se baigner ? » Les deux adultes supposés les encadrer n’ont pas le cœur à dire non.

La catastrophe pourrait tout aussi bien venir du directeur, qui collectionne les boxers et tee-shirts imprégnés de sueur des garçons pour les renifler en secret. De Gus, le leader de la bande, toujours en quête d’un coup à faire. De l’alcool qui circule. Des articulations. A moins que tout ne finisse par se démêler, en un happy end inespéré ?

On ne se baigne pas dans la Loire est un livre magnifique et tendu. Au moment précis où les choses dérapent, l’écrivain suspend tout, remonte une journée en arrière. Guillaume Nail dévoile alors les rapports de force confirmés entre les ados, les désirs des uns, les peurs des autres…

Ce qui rend ce roman si attaché et réussi, c’est sa langue. Déliée, précise et délicieusement inventive en même temps. Pour un peu, on se croirait dans une version moderne de Scène d’été, cette toile peinte en 1869 par Frédéric Bazille, où huit garçons folâtrent au bord de l’eau. Mais non. On ne se baigne pas dans la Loire n’est pas inspiré pour rien d’un fait divers réel de 1969. Le narrateur le répète assez : « Tout le monde sait que, mauvaise pioche, la Loire. » Denis Cosnard

« On ne se baigne pas dans la Loire », de Guillaume Nail, Denoël, 160 p., 16 €, numérique 12 €.

RÉCIT : « Une archive », de Mathieu Lindon

De livre en livre, Mathieu Lindon a bâti une autobiographie d’un genre original, dont il n’occupe pas le centre. Qu’il évoque Michel Foucault, Hervé Guibert ou les collègues de Libérationil parle des autres dans l’espoir de trouver sa place.

Depuis l’origine, on sent bien que le personnage principal de toute cette histoire est Jérôme Lindon, le père, longtemps patron des éditions de Minuit, disparu en 2001. Pour que Mathieu Lindon ose enfin s’expliquer frontalement avec cette figure triomphale, à la fois aimante et écrasante, sans doute nécessaire-il qu’il ne soit plus de ce monde et aussi que la maison d’édition attachée à son nom sorte du giron familial.

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En bref

« On ne se baigne pas dans la Loire », « Une archive », « Crépuscule », « La Demeure du vent »… Nos idées de lecture

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